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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
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Des résultats positifs sur la lutte contre le rat en mangrove !

Dans le cadre du projet LIFE BIODIV’OM, le GEPOMAY a mis en place des actions visant à contrôler les populations de Rats noirs au sein des mangroves dans lesquelles niche le Crabier blanc. Après plusieurs années d’actions, les premiers résultats tombent et sont très encourageant !
Installation des pièges A24 en mangrove – GEPOMAY

Pourquoi lutter contre le rat ?

Le Rat noir est originaire d’Asie tropicale. L’espèce a colonisé le monde entier en accompagnant les navigateurs à travers les bateaux. L’espèce est ainsi considérée comme une espèce exotique envahissante (EEE) car elle détient un fort taux de colonisation via une reproduction importante. Elle possède une alimentation opportuniste omnivore et entre en compétition avec les espèces présentes naturellement. Enfin, elle devient un prédateur inconnu pour des espèces locales. L’espèce est reconnue comme une menace majeure pour de nombreuses espèces d’oiseaux, fragilisées par la prédation des œufs, juvéniles et adultes.

A Mayotte, le Rat noir est présent sur la totalité du territoire. Le GEPOMAY a démontré que les rats étaient également présents en mangrove et proches des nids de Crabiers blancs.  En plus d’un dérangement durant la nidification, le Rat noir est suspecté de prédater les œufs de l’espèce, comme c’est le cas pour de nombreuses autres espèces d’hérons dans le monde. Compte tenu du statut de menace du Crabier blanc à Mayotte et dans le monde, il est donc essentiel de contrôler les populations de Rats noirs au niveau des héronnières pour protéger l’espèce et ainsi assurer sa reproduction.

Comment lutter contre le rat ?

A Mayotte, le GEPOMAY utilise des pièges mécaniques A24 Goodnature©, des pièges autonomes pouvant réaliser 24 déclenchements. Un appât au fond du piège attire les rats qui seront tués instantanément par un piston à air comprimé. Les pièges sont déployés à minima pendant la période de reproduction du Crabier blanc, période de présence des œufs et des jeunes de l’année qu’il faut protéger.

Comment évaluer l’impact sur les populations de rats ?

Capture d’un rat dans une cage pour le protocole CMR – GEPOMAY

Pour suivre les populations de rats, le GEPOMAY utilise deux méthodes mises en place dans trois mangroves différentes :

  • les cartes à mâcher (ou chewcards Goodnature©): des petites cartes qui, une fois mâchée par les rats, laissent une empreinte caractéristique. Moins il y a d’empreinte et mois il y a de rats sur la zone.

Figure 1 : Apparences des chewcards Goodnature, de gauche à droite : fixée à l’instant avec appât visible ; attaquée mais pas consommée ; consommée par des rats.

  • Le protocole de Capture-Marquage-Recapture (CMR): l’objectif est de capturer dans des cages des rats pour les baguer puis les relâcher. Grâce au nombre d’individus nouvellement capturés ou recapturés au fil des sessions, il est possible d’estimer une densité de rats présents dans la zone.

 Des résultats encourageants !

Les deux graphiques ci-dessous démontrent que la lutte via les pièges A24 a permis de réduire la densité des rats sur les zones cibles au sein des trois mangroves, entrainant ainsi une proportion d’empreinte sur les cartes à mâcher significativement plus faible. Ce résultat est également observé sur le protocole CMR de manière moins importante.

  • Cartes à mâcher

Figure 2: Ce graphique présente les proportions de cartes à mâcher consommées par les rats dans chaque mangrove pendant une période de lutte effective (rouge) et une période sans lutte (vert). Les différences sont statistiquement significatives.

  • Le protocole CMR

Figure 3: Ce graphique présente l’évolution des estimations de densités de rats – calculées grâce à la CMR – dans chaque mangrove avant et après la période de lutte effective. Les différences ne sont pas statistiquement significatives.

Les études menées par le GEPOMAY permettent de mieux comprendre l’effet des pièges létaux A24 Goodnature© sur les rats en mangrove. Un suivi rigoureux des populations de Rat noir sur les sites de reproduction du Crabier blanc est nécessaire et une optimisation de la lutte par l’association de protection de la biodiversité est en cours.

Le Groupe d’Études et de Protection des Oiseaux de Mayotte tient à remercier les bénévoles qui ont œuvré sur le terrain pour soutenir l’équipe de lutte contre le Rat noir en mangrove. Si vous souhaitez également participer, n’hésitez pas à les contacter sur l’adresse etude.biodivom@gepomay.fr.