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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
50%

L’Échenilleur de La Réunion

53%

Fiche espèce

  • Territoire du Life: La Réunion
  • Nom latin: Lalage newtoni
  • Statut: Endémique de La Réunion
  • Statut de menace (UICN): En danger critique d’extinction (CR)
  • Alimentation: Insectes, chenilles, araignées
  • Comportement: Peu craintif mais très discret
  • Habitat: Forêt indigènes, massifs de la Roche-Ecrite
  • Etat des populations: 41 couples reproducteurs (2020)

Nos objectifs

Augmenter la population
à 55 couples
Lutte contre les EEE
sur plus de 1200 ha
15 Brigades Tuit-tuit
pour pérenniser
les actions
Translocation de
l’espèce pour renforcer la population

Les menaces

Les espèces exotiques envahissantes

Le Rat noir, le Rat surmulot, le Chat domestique sont des espèces importées par l’Homme sur l’île de La Réunion et sont des prédateurs importants de l’espèce. Des études ont montré que 95% des nids de l’espèce étaient prédatés par les rats. Le Bulbul orphée est un oiseau introduit et représente aussi une menace pour l’espèce.

Les espèces exotiques envahissantes

Le Rat noir, le Rat surmulot, le Chat domestique sont des espèces importées par l’Homme sur l’île de La Réunion et sont des prédateurs importants de l’espèce. Des études ont montré que 95% des nids de l’espèce étaient prédatés par les rats. Le Bulbul orphée est un oiseau introduit et représente aussi une menace pour l’espèce.

Les actions

Méthode de contrôle des EEE :

Un dispositif participatif de dératisation par le biais de Brigades « Tuit-tuit » composées de bénévoles formés à la dératisation et à la sécurité interviendra sous l’encadrement de salariés de la SEOR. Un dispositif de gestion des chats sera déployé sur 1000 ha au sein de l’habitat de l’Echenilleur à La Réunion. Un dispositif de détection sera également présent afin de confirmer ou non la présence de chats sur le site. L’impact du Bulbul orphée sur les oiseaux endémiques de l’île sera mesuré et une méthode de contrôle de l’espèce sera développée.

Les résultats

Réduire l’impact du rat sur le Tuit-tuit

Des chantiers participatifs de dératisation ont eu lieu chaque année grâce à l’implication de nombreux bénévoles afin de réduire la pression de prédation exercée par les rats sur les adultes et les œufs de Tuit-tuit : 115 bénévoles en 2019, 155 en 2020 et 162 en 2021.

Des bénévoles ont été formés chaque année pour devenir Chef de Brigade afin d’encadrer eux-mêmes des chantiers de dératisation : 11 en 2019, 13 en 2020 et 15 en 2021.

Ces chantiers ont permis de dératiser 1000 ha en 2019, 980 ha en 2020 et 1025 ha en 2021.

La dératisation par drone a été testée et a permis de contrôler des zones non accessibles à pied par l’Homme : 135 ha en 2020 et 87 ha en 2021 soit une surface totale dératisée de 1 115 ha en 2020 et de 1 112 ha en 2021

Le nombre de couple identifiés et protégés de Tuit-tuit est passé de 37 en 2018 à 48 en 2021.


Brigade Tuit-tuit en 2021 © SEOR

Acquérir de nouvelles connaissances

En 2020, trois études ont été effectuées sur le Tuit-tuit afin d’en apprendre davantage sur son habitat, la génétique de d’espèce et sa dynamique de la population.

Ces études ont permis de mettre en évidence une dynamique favorable et d’identifier des sites favorables pour une potentielle translocation.

Les études génétiques soulignent une diversité génétique faible mais aucun signe de consanguinité.


Tuit-tuit juvénile © Jaime Martinez

L'expert

Damien FOUILLOT

Référent pour la conservation des espèces à la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion) et encadrant de l’équipe Tuit-Tuit (agents de terrain contre les prédateurs d’oiseaux et suivi de l’espèce).

Comment le Tuit-tuit est-il perçu par les Réunionnais ?

Pour eux il s’agit d’un élément du patrimoine de la Réunion même s’ils ne s’y intéressent pas vraiment. Les touristes de la Roche Ecrite savent que c’est un oiseau rare et c’est un rêve de le voir quand ils viennent en excursion.

Pouvez-vous donner un détail emblématique sur cet oiseau ?

Son chant. Il raisonne avec puissance dans la forêt. En créole très image : c’est une onomatopée comme pour le Tek-tek (Tarier de La Réunion). Le Tuit-tuit est très difficile à voir mais on l’entend parfaitement. Il fait partie des sons familiers pour les personnes qui ont passé un peu de temps en forêt, c’est leur madeleine de Proust.

Comment sa population a t'elle évolué ces dernières années ?

Sept couples étaient présents en 2003, lorsque la SEOR a commencé à travailler sur cette espèce. On en compte 40 aujourd’hui. La population a été multipliée par cinq et son habitat est de 10 à 20 km2. La surface de dératisation a été multipliée par 13 en 10 ans. Le Tuit-tuit est désormais présent sur 2 000 hectares.

Quelles sont les menaces et causes de sa disparition ?

Les rats principalement et les chats à l’état sauvage. Globalement l’espèce était peut-être présente partout au-dessus de 800m dans une forêt relique. L’arrivée de l’Homme a complètement transformé la forêt en la défrichant. Parfois les locaux surnomment le Tuit-tuit “l’oiseau couillon” car il venait près des humains qui n’avaient aucun mal à le capturer.

Qu'attendez-vous du LIFE BIODIV'OM?

Réussir la translocation du Tuit-tuit dans un massif où il était présent anciennement. Le fait d’avoir deux sites séparés géographiquement élimine le risque d’un incendie qui détruirait les deux sites en même temps. J’espère aussi que les actions de dératisation seront sécurisées et que plusieurs noyaux de populations seront créés afin de pérenniser l’espèce et la changer de statut sur la liste rouge de l’IUCN.