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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
13%

L’Échenilleur de la Réunion

4%

Fiche espèce

  • Territoire du Life: La Réunion
  • Nom latin: Lalage newtoni
  • Statut: Endémique de la Réunion
  • Statut de menace (UICN): En danger critique d’extinction (CR)
  • Alimentation: Insectes, chenilles, araignées
  • Comportement: Peu craintif mais très discret
  • Habitat: Forêt indigènes, massifs de la Roche-Ecrite
  • Etat des populations: 38 couples reproducteurs (2018)

Nos objectifs

Augmenter la population
à 55 couples
Lutte contre les EEE
sur plus de 1200 ha
15 Brigades Tuit-tuit
pour pérenniser
les actions
Translocation de
l’espèce pour renforcer la population

Les menaces

Les espèces exotiques envahissantes

Le Rat noir, le Rat surmulot, le Chat domestique sont des espèces importées par l’Homme sur l’île de la Réunion et sont des prédateurs importants de l’espèce. Des études ont montré que 95% des nids de l’espèce étaient prédatés par les rats. Le Bulbul orphée est un oiseau introduit et représente aussi une menace pour l’espèce.

Les actions

Méthode de lutte globale contre les EEE :

Un dispositif participatif de dératisation par le biais de Brigades « Tuit-tuit » composées de bénévoles formés à la dératisation et à la sécurité interviendra sous l’encadrement de salariés de la SEOR. Un dispositif de lutte contre les chats sera déployé sur 1000 ha au sein de l’habitat de l’Échenilleur à la Réunion. Un dispositif de détection sera également présent afin de confirmer ou non la présence de chats sur le site. L’impact du Bulbul orphée sur les oiseaux endémiques de l’île sera mesuré et une méthode de contrôle de l’espèce sera développée.

Renforcement et translocation :

Des individus seront prélevés et relâchés entre deux sites actuellement connus afin de favoriser les échanges génétiques entre les individus et ainsi renforcer les populations actuelles, composées de deux groupes séparés. Afin de créer un nouveau noyau de population de l’espèce, extrêmement confinée actuellement, des individus seront réintroduits dans une zone où avait été observée l’espèce auparavant.

L'expert

Damien FOUILLOT Référent pour la conservation des espèces à la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion) et encadrant de l’équipe Tuit-Tuit Comment le Tuit-tuit (Echenilleur de la Réunion) est-il perçu par les Réunionnais ? Pour eux il s’agit d’un élément du patrimoine de la Réunion même s’ils ne s’y intéressent pas vraiment. Les touristes de la Roche Ecrite savent que c’est un oiseau rare et c’est un rêve de le voir quand ils viennent en excursion. Pouvez-vous donner un détail emblématique concernant cet oiseau ? Son chant. Il raisonne avec puissance dans la forêt. En créole très image : c’est une onomatopée comme pour le Tek-tek (Tarier de La Réunion). Le Tuit-tuit est très difficile à voir mais on l’entend parfaitement. Il fait partie des sons familiers pour les personnes qui ont passé un peu de temps en forêt, c’est leur madeleine de Proust. Comment sa population a-t-elle évolué ces dernières années ? Sept couples étaient présents en 2003, lorsque la SEOR a commencé à travailler sur cette espèce. On en compte 40 aujourd’hui. La population a été multipliée par cinq et son habitat est de 10 à 20 km2. La surface de dératisation a été multipliée par 13 en 10 ans. Le Tuit-tuit est désormais présent sur 2 000 hectares. Quelles sont les menaces et causes de sa disparition ? Les rats principalement et les chats à l’état sauvage. Globalement l’espèce était peut-être présente partout  au-dessus de 800m dans une forêt relique. L’arrivée de l’Homme a complètement transformé la forêt en la défrichant. Parfois les locaux surnomment le Tuit-tuit “l’oiseau couillon” car il venait près des humains qui n’avaient aucun mal à le capturer. Qu’attendez-vous du Life BIODIV’OM ? Réussir la translocation du Tuit-tuit dans un massif où il était présent anciennement. Le fait d’avoir deux sites séparés géographiquement élimine le risque d’un incendie qui détruirait les deux sites en même temps. J’espère aussi que les actions de dératisation seront sécurisées et que plusieurs noyaux de populations seront créés afin de pérenniser l’espèce et la changer de statut sur la liste rouge de l’IUCN.