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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
47%

Mérou géant

44%

Fiche espèce

  • Territoire du Life: Guyane et Saint-Martin
  • Nom latin: Epinephelus itajara
  • Statut de menace (UICN): Vulnérable (VU)
  • Alimentation: Crustacés, poissons
  • Habitat: Eaux tropicales et subtropicales de l’Océan Atlantique

Nos objectifs

12 ateliers de concertation

Les menaces

La surpêche :

Victime d’une surpêche intensive dans les années 1980, l’espèce n’est retrouvée que dans la partie ouest de son aire de répartition. Outre un arrêté préfectoral réglementant la pêche des plaisanciers en mer et la protection fournie par les Réserves du Grand-Connétable et de Saint-Martin, aucune réglementation n’existe. Les activités de pêche sont informelles et pour la plupart illégales ciblant aussi bien les jeunes individus que les adultes.

Destruction des habitats :

Le développement de l’immobilier et du tourisme à Saint-Martin participent à la destruction des habitats de par les aménagements côtiers, les rejets d’eaux usées, le défrichement du littoral et la fréquentation des zones récifales.

Changement globaux :

Les récifs coralliens, habitat de l’espèce, souffrent également des changements climatiques globaux induisant une diminution du couvert corallien et des épisodes de blanchissement du corail.

Les actions

  • Mobilisation des acteurs :

    Afin de mieux connaitre les pratiques de pêche professionnelles et plaisancière, des réunions de concertation et des groupes de travail seront organisées et permettront de connaitre les difficultés et les problématiques rencontrées par chacun, de définir les mesures de gestion durable de la ressource et obtenir des engagements de la part des pêcheurs.
  • Repeuplement :

    Des pêches exploratoires seront réalisées dans l’objectif d’améliorer la connaissance sur le recrutement larvaire pour à terme entreprendre le renforcement des populations à Saint-Martin.

Les résultats

Concilier activités économiques et conservation de la biodiversité

En Guyane, 3 ateliers de concertation ont eu lieu en 2021 avec les pêcheurs et les professionnels du secteur afin de définir les actions à mettre en place pour une gestion durable du Mérou géant sur le territoire.

Acquérir de nouvelles connaissances

En Guyane, 5 enquêtes auprès de pêcheurs professionnels et 38 plaisanciers et guides de pêche ont été effectuées entre 2019 et 2020 afin d’augmenter les connaissances sur les pratiques et les captures de Mérou géant.

A Saint-Martin, 9 enquêtes ont été effectuées auprès de pêcheurs professionnels.


Atelier de concertation © GEPOG

A Saint-Martin, 4 campagnes de suivis sous forme de transects ont été effectuées depuis 2019 sur 8 stations sous-marines afin d’évaluer les populations de mérous sur l’île. Un Mérou géant a d’ailleurs été observé en 2020 tandis que l’espèce n‘avait pas été vue depuis 2014.

Améliorer le respect de la réglementation

A Saint-Martin, un nouvel arrêté a été publié en 2019 interdisant en tout temps et en tous lieux la pêche maritime de loisirs sur le Mérou géant et le Mérou de Nassau.


Suivi sur les stations sous-marines © AGRNSM

L'expert

Amandine Bordin

Chargée de mission biodiversité marine au GEPOG/RNN de l’Ile du Grand-Connetable et experte en Mérous géant

Comment le Mérou géant est-il perçu par la population locale ?

L’espèce est emblématique et bien connue des Guyanais, appréciée par les restaurateurs, par la population locale et pour la pêche sportive.

Pourriez-vous donner un détail amusant ?

En période de reproduction, les Mérous géants se regroupent et les mâles produisent des sons à très basse fréquence, similaires à des "booms", ou des grondements au moment de la ponte. Si des plongeurs se trouvent à proximité, ils sont capables d'entendre ces sons et de les ressentir par leur cage thoracique.

Comment a évolué la population du Mérou géant depuis que vous la suivez ? Quels sont les chiffres aujourd’hui ?

À ce jour, nous n'avons pas d'estimation de taille de population de Mérou géant en Guyane ni de tendance démographique, malgré le suivi réalisé par capture-marquage-recapture. L'espèce n'est actuellement répartie que dans l'ouest de l'Océan Atlantique (de la Floride au Brésil). Les stocks semblent se reconstituer petit à petit en Floride grâce à la mise en place de mesures de préservation, ce qui n'est pas le cas ailleurs comme aux Antilles où les observations ne sont désormais que ponctuelles.

Quelles sont les menaces et causes de sa disparition ?

Les principales menaces sont un manque de gestion et d’encadrement de la pêche plaisancière (en rivière, fleuve et mer) et de la pêche professionnelle, à la ligne et aux filets dérivants. Aucun quota n'est instauré pour la pêche professionnelle. Pourtant, c'est parfois une vingtaine d'animaux qui peut être prélevée en seulement quelques heures. Concernant la plaisance, seule la pêche en bateau et en mer fait l'objet d'une réglementation qui prévoit un mérou par bateau et par sortie. Toutefois, par manque de contrôle la réglementation est peu respectée. La pêche aux filets dérivants, et notamment les filets abandonnés, génèrent aussi de nombreuses captures.

Qu’attendez-vous du programme Life BIODIV’OM par rapport à la conservation de l’espèce ?

Le programme BIODIV'OM nous offre aujourd'hui la possibilité de mettre en œuvre un projet de concertation avec les usagers de la mer et de les intégrer dans une démarche visant la préservation de l'espèce. Ces cinq années nous permettront de prendre le temps d'aller à la rencontre des acteurs et d'envisager une gestion durable de la population de Mérou géant par une prise de conscience et de mesures définies collectivement.