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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
18%

Mérou géant

8%

Fiche espèce

  • Territoire du Life: Guyane et Saint-Martin
  • Nom latin: Epinephelus itajara
  • Statut de menace (UICN): Vulnérable (VU)
  • Alimentation: Crustacés, poissons
  • Habitat: Eaux tropicales et subtropicales de l’Océan Atlantique

Nos objectifs

12 ateliers de concertation
1 guide de
bonnes pratiques
1 charte de pêche
2 réseaux participatifs
de veille « Mérou »

Les menaces

La surpêche :

Victime d’une surpêche intensive dans les années 1980, l’espèce n’est retrouvée que dans la partie ouest de son aire de répartition. Outre un arrêté préfectoral réglementant la pêche des plaisanciers en mer et la protection fournie par les Réserves du Grand-Connétable et de Saint-Martin, aucune réglementation n’existe. Les activités de pêche sont informelles et pour la plupart illégales ciblant aussi bien les jeunes individus que les adultes.

Destruction des habitats :

Le développement de l’immobilier et du tourisme à Saint-Martin participent à la destruction des habitats de par les aménagements côtiers, les rejets d’eaux usées, le défrichement du littoral et la fréquentation des zones récifales.

Changement globaux :

Les récifs coralliens, habitat de l’espèce, souffrent également des changements climatiques globaux induisant une diminution du couvert corallien et des épisodes de blanchissement du corail.

Les actions

Mobilisation des acteurs :

Afin de mieux connaitre les pratiques de pêche professionnelles et plaisancière, des réunions de concertation et des groupes de travail seront organisées et permettront de connaitre les difficultés et les problématiques rencontrées par chacun, de définir les mesures de gestion durable de la ressource et obtenir des engagements de la part des pêcheurs. Modification des arrêtés: L’extension des arrêtés préfectoraux aura pour objectif de réglementer la pêche de l’espèce à Saint-Martin et en Guyane en dehors des réserves. En Guyane il s’agira que ce dernier s’applique également aux zones d’estuaires et de fleuves, à la pêche en mer mais également à la pêche non embarquée. A Saint-Martin, il s’agira d’étendre le périmètre de compétences des agents assermentés de l’Association de Gestion de la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin.

Guide de bonnes pratiques :

Un guide de bonnes pratiques à destination des pêcheurs plaisanciers, élaboré avec les pratiquants, présentera les espèces, les enjeux de conservation, les activités du programme et rappellera la réglementation en cours, les techniques et méthodes recommandées pour une pêche respectueuse ainsi que les principales consignes de sécurité, et numéros a appeler en cas de signalement de pêche illégale.

Repeuplement :

Des pêches exploratoires seront réalisées dans l’objectif d’améliorer la connaissance sur le recrutement larvaire pour à terme entreprendre le renforcement des populations à Saint-Martin.

L'expert

Amandine Bordin

Chargée de mission biodiversité marine au GEPOG/RNN de l’Ile du Grand-Connetable et experte en Mérous géant

Comment le Mérou géant est-il perçu par la population locale ? L’espèce est emblématique et bien connue des Guyanais, appréciée par les restaurateurs, par la population locale et pour la pêche sportive. Pourriez-vous donner un détail amusant ? En période de reproduction, les Mérous géants se regroupent et les mâles produisent des sons à très basse fréquence, similaires à des « booms », ou des grondements au moment de la ponte. Si des plongeurs se trouvent à proximité, ils sont capables d’entendre ces sons et de les ressentir par leur cage thoracique. Comment a évolué la population du Mérou géant depuis que vous la suivez ? Quels sont les chiffres aujourd’hui ? À ce jour, nous n’avons pas d’estimation de taille de population de Mérou géant en Guyane ni de tendance démographique, malgré le suivi réalisé par capture-marquage-recapture. L’espèce n’est actuellement répartie que dans l’ouest de l’Océan Atlantique (de la Floride au Brésil). Les stocks semblent se reconstituer petit à petit en Floride grâce à la mise en place de mesures de préservation, ce qui n’est pas le cas ailleurs comme aux Antilles où les observations ne sont désormais que ponctuelles. Quelles sont les menaces et causes de sa disparition ? Les principales menaces sont un manque de gestion et d’encadrement de la pêche plaisancière (en rivière, fleuve et mer) et de la pêche professionnelle, à la ligne et aux filets dérivants. Aucun quota n’est instauré pour la pêche professionnelle. Pourtant, c’est parfois une vingtaine d’animaux qui peut être prélevée en seulement quelques heures. Concernant la plaisance, seule la pêche en bateau et en mer fait l’objet d’une réglementation qui prévoit un mérou par bateau et par sortie. Toutefois, par manque de contrôle la réglementation est peu respectée. La pêche aux filets dérivants, et notamment les filets abandonnés, génèrent aussi de nombreuses captures. Qu’attendez-vous du programme Life BIODIV’OM par rapport à la conservation de l’espèce ? Le programme BIODIV’OM nous offre aujourd’hui la possibilité de mettre en œuvre un projet de concertation avec les usagers de la mer et de les intégrer dans une démarche visant la préservation de l’espèce. Ces cinq années nous permettront de prendre le temps d’aller à la rencontre des acteurs et d’envisager une gestion durable de la population de Mérou géant par une prise de conscience et de mesures définies collectivement.