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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
13%

Savanes sèches

6%

Fiche habitat

  • Territoire du Life: Guyane
  • Superficie: 260 km² = 0.3% de la Guyane
  • Définition: Formations végétales herbacées des régions tropicales et sub-tropicales
  • Flore: 16% des plantes de Guyane
  • Flore caractéristique: Poirier savanes, Oreille d’âne
  • Faune menacée: Tamanoir, Tortue charbonnière

Nos objectifs

50% des savanes sans A.Mangium
1 technique de lutte
contre le Niaouli
4500 plants d’espèces
de remplacement
(Español) 4500 plantones
de especies
de sustitución

Les menaces

Les espèces exotiques envahissantes

L’Acacia mangium et le Niaouli (Melaleuca quinquenervia) sont des espèces végétales respectivement introduites par l’Homme pour la revégétalisation des sites miniers et la filière du bois. Caractérisées d’envahissantes de par leur croissance et leur expansion rapide, ces arbres sont capables de transformer la nature du sol et menacent les savanes et les milieux ouverts de Guyane.

Destruction des habitats :

L’accessibilité des savanes sèches rend les pressions foncières et agricoles de plus en plus préoccupantes. Leur surface se réduit considérablement par un manque de connaissances sur les enjeux environnementaux et par des moyens de gestion inexistants. Ce milieu singulier disparaît au profit de prairies agricoles maintenues par l’apport d’intrants, de carrières ou de projets fonciers.

Les actions

Lutte contre les espèces exotiques envahissantes :

La lutte contre l’Acacia mangium sera mise en place afin d’éradiquer l’espèce sur tous les sites du Conservatoire du Littoral. Deux zones tampons seront également réalisées afin de limiter son expansion. Pour le Niaouli, des méthodes de luttes chimiques et mécaniques seront testées afin de sélectionner à terme les solutions les plus efficientes dans l’objectif de les appliquer à plus grande échelle par la suite.

Remplacement de l’Acacia mangium:

Malgré la menace qu’elle représente pour les savanes, cette espèce est utilisée par les populations locales pour la production de bois de chauffe, de construction ou la protection contre le vent et le soleil. Des tests de production et de plantations d’espèces de remplacement à l’Acacia mangium seront effectués afin de produire une palette d’espèces locales non invasives capable de remplir ces usages.

L'expert

Anna Stier

Chargée de mission environnement au GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux en Guyane) et experte des savanes sèches guyanaises

Comment cet écosystème est-il perçu par la population guyanaise ? Une étude anthropologique a montré que les perceptions diffèrent en fonction des métiers exercés, des cultures et de l’histoire. Tantôt ce sont des espaces « vides » à valoriser à travers des projets d’aménagement, tantôt des paysages patrimoniaux marquant l’identité des communes du centre littoral qui s’en revendiquent. Comment a-t-il évolué depuis votre arrivée ? Les savanes ont perdu 7% de leur surface entre 2001 et 2015, mais cette tendance ralentit fortement ces dernières années. Elles sont de plus en plus fragmentées et également envahies par des arbres exotiques qui ont tendance à se répandre dans ces espaces ouverts. Seulement 2,4% de la surface de savanes est protégée en Guyane alors que 75% est en ZNIEFFs (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique)- et donc reconnue d’intérêt écologique. Si on considère qu’elles concentrent 16% de la flore totale du territoire sur 0,3% de sa surface d’après nos derniers chiffres, l’enjeu apparait comme majeur. Quelles sont les menaces qui pèsent sur les savanes ? Les principales sont la perte nette d’habitat et les espèces exotiques envahissantes, comme Acacia mangium et le Niaouli qui transforment les espaces ouverts en forêts mono spécifiques d’espèces exotiques. Qu’attendez-vous du Life BIODIV’OM pour la protection des savanes ? J’espère que ce projet permettra d’aller encore plus loin dans la prise en compte et la valorisation des savanes, que ce soit de leur patrimoine naturel, historique ou culturel. En parallèle, je souhaite que la menace que représentent les espèces exotiques envahissantes pour ces habitats fragiles et peu résilients sera enfin contrôlée, afin que nous ne voyons pas ces paysages disparaitre du littoral Guyanais.