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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
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Le 2 février : Journée Mondiale des Zones Humides !

Célébrée dans le monde entier, la Journée Mondiale des Zones Humides est l’occasion de mettre en avant ces écosystèmes souvent méconnus, dont la biodiversité est exceptionnelle. Fortement menacés, ces sites sont indispensables à la faune et la flore mais également à l’Homme. En ce 2 février, partons à la découverte de ces zones humides et des actions mises en place dans le cadre du programme LIFE BIODIV’OM pour les préserver.

Vasière des Badamiers – Zone humide d’intérêt international – Mayotte © Florent BIGNON

Les zones humides, c’est quoi ?

Les zones humides sont définies comme des sites naturels ou exploités, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, stagnante ou courante, de façon permanente ou temporaire. Elles englobent notamment les marais, les tourbières, les vasières, les mangroves, les forêts marécageuses, les étangs, les lagunes, les prairies humides et les récifs coralliens.

A quoi servent-elles ?

  • Véritables réservoirs de biodiversité: 30% des espèces végétales remarquables vivent au sein de ces zones humides, 35 à 40% des vertébrés, 40% des poissons, 100% des amphibiens et 25% des mollusques
  • Apport et stockage naturel en eau : Certaines zones humides accumulent de grandes quantités d’eau dont la faune dépend mais également les populations locales, notamment en période de sécheresse. Certaines zones humides peuvent stocker jusqu’à 15000 m3 d’eau par hectare.
  • Réduction des inondations : En stockant de l’eau, ces écosystèmes limitent l’intensité des crues et évitent l’inondation de certaines zones habitées.
  • Épuration des eaux : Les zones humides servent de zone tampon et de filtre naturel améliorant la qualité de l’eau grâce à la sédimentation des métaux, des phytosanitaires ou des pathogènes et par la dénitrification de l’azote et la biodégradation des polluants par les microorganismes.
  • Protection contre les évènements climatiques : En Outre-mer, les mangroves ont un rôle important puisqu’elles permettent de réduire la puissance et la hauteur des vagues touchant les terres grâce à leurs racines aériennes, protégeant ainsi les côtes de l’érosion.
  • Lutte contre le réchauffement climatique: Les zones humides captent 2 à 5 fois plus de carbone qu’une forêt tropicale à superficie équivalente
Mangrove © Florent BIGNON

Des écosystèmes en partie menacés par l’Homme

  • Urbanisation et aménagement du territoire: Afin d’étendre les zones constructibles, de nombreuses zones humides sont impactées par le remblaiement et l’artificialisation générale des sols.
  • Agriculture et aquaculture : En Outre-mer, la mise en place de rizières, de marais salants et d’exploitations agricoles pour le pâturage ou le bétail dont les prélèvements en eau sont importants entrainent la dégradation de zones humides et la disparition de certaines mangroves.
  • Espèces invasives : Les espèces introduites de manière volontaire ou involontaire peuvent impacter les zones humides en s’y développant de façon incontrôlée. Certaines espèces peuvent ainsi recouvrir les zones humides, provoquant ainsi la fermeture du milieu.
  • Déchets et pollution : La présence de déchets et les pollutions externes comme les marées noires ou internes telles que l’écoulement d’eaux usées directement dans ces écosystèmes altèrent leur fonctionnalité.
  • Tourisme non durable : Le piétinement produit par le passage régulier de visiteurs, le prélèvement « souvenir » ou le dérangement d’espèces par le développement d’activités de tourismes peuvent avoir un impact sur le bon état de santé des zones humides.

Le LIFE BIODIV’OM et les zones humides

Au sein du programme européen, les partenaires ultramarins ont déployé des actions visant à préserver ces zones humides et protéger les espèces qui en dépendent :

  • A Mayotte : Le Crabier blanc est un oiseau emblématique des zones humides de Mayotte. S’alimentant au sein de zones humides comme les retenues collinaires ou les lacs, l’espèce utilise également les mangroves sur le territoire pour s’y reproduire. En 2020, l’association GEPOMAY et leurs partenaires ont réalisé la restauration de deux prairies humides, notamment via le retrait d’espèces végétales exotiques envahissantes, la mise en place de rotations régulières des zébus et le nettoyage de déchets sur ces sites.
Actions de restauration d’une prairie humide à Mayotte © GEPOMAY
  • A Saint-Martin et en Guyane : Le Mérou de Nassau et le Mérou géant utilisent les récifs coralliens et les mangroves à certains stades de leur cycle de vie pour s’alimenter ou encore se protéger des prédateurs. En 2019, l’Association de Gestion de la Réserve Naturelle de Saint-Martin a mis en place des nurseries artificielles dans certaines mangroves afin d’accroitre les sites d’alimentation et de protection pour les jeunes poissons.
  • En Guyane : Les savanes de Guyane constituent des zones humides plus ou moins inondée voir sèche selon le type de savane. L’association GEPOG réalise des actions visant à éliminer ou contrôler deux espèces végétales exotiques envahissantes, l’Acacia mangium et le Niaouli, qui menacent grandement les savanes guyanaises.

Pour en savoir plus : https://www.pole-tropical.org/