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Protégeons la biodiversité menacée des Outre-mer
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L’UICN publie la liste rouge de la faune en Martinique

En avril 2020, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a publié « la liste rouge des espèces menacées en France » pour la faune de Martinique, démontrant notamment que sur les 427 espèces indigènes évaluées an Martinique, près de 15 % apparaissent comme étant menacées.

Iguane des Petites Antilles, Moqueur gorge blanche, Tortue verte © Florent BIGNON / Frantz DELCROIX

En résumé

Les analyses ont été effectuées par l’UICN, l’Office Français de la Biodiversité » (OFB) et le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) sur différents groupes d’espèces, oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, mollusques, macro-crustacés d’eau douce, poissons, libellules, papillons de jour et coléoptères.

Au total, plus de 15 espèces ont déjà disparu, 62 sont menacées et 56 quasi-menacées.

Concernant les espèces les plus menacées, 14 sont en danger critique d’extinction (CR), soit le stade précédent leur extinction à l’état sauvage en Martinique. Parmi elles, 4 espèces d’oiseaux, le Pluvier de Wilson, l’Huîtrier d’Amérique, le Martin-pêcheur à ventre roux ou le Moqueur gorge blanche ; 3 espèces de reptiles terrestres, la Couleuvre couresse, l’Iguane des Petites Antilles et le Scinque Mabouya ; 1 amphibien, l’Allobate de la Martinique ; 1 espèce de tortue marine, la Tortue verte et 5 espèces de mollusques terrestres et d’eau douce.

De plus, 19 espèces sont classées en danger d’extinction (EN) dont 11 espèces d’oiseaux telles que le Colibri à tête bleue ; 1 reptile terrestre, le Bothrops fer de lance ; 1 poisson d’eau douce, 1 papillon de jour et 4 espèces de mollusques terrestres et d’eau douce.

Le document complet : la liste rouge UICN – Faune Martinique

L’Homme pointé du doigt

Les espèces sont principalement impactées par la destruction de leurs habitats liée à l’urbanisation et à l’occupation du territoire par l’Homme qui ne cesse d’étendre les zones urbaines et d’augmenter les infrastructures routières au détriment des espaces naturels.

La pollution reste une menace importante pour les eaux douces, les rivières et les mares, notamment via les rejets d’eaux usées et l’utilisation ancienne ou actuelle de pesticides utilisés dans certaines parcelles agricoles. La pollution lumineuse a également un impact fort sur les chauves-souris, les insectes et les tortues marines, désorientés par les lumières artificielles.

Diverses activités humaines participent également au déclin des populations de certaines espèces, la chasse, la pêche, le braconnage, les activités touristiques si ces dernières manquent d’encadrement et de contrôle.

Comme sur de nombreuses îles, l’introduction volontaire ou non d’espèces telles que le rat noir ou la petite mangouste indienne ont des impacts sur les espèces indigènes de la Martinique. C’est en effet le cas pour le Moqueur gorge blanche, présent sur la Presqu’île de la Caravelle et dont les œufs sont prédatés par le rat noir.

Et la suite ?

L’obtention d’un tel document sur l’île permettra de prioriser les actions à mettre en place sur la faune en Martinique mais également d’obtenir des financements pour réaliser de nouveaux programmes de conservation. Certains programmes dépendent en effet des critères d’évaluation des espèces pour financer des projets de protection. C’est le cas du programme LIFE de l’Union Européenne qui accorde des financements à des projets de conservation ciblant des espèces évaluées par l’UICN à l’échelle nationale et mondiale et dont les statuts de conservation sont CR, en danger critique d’extinction ou EN, en danger d’extinction.

Martinique, paradis de biodiversité

L’île compte plus de 2200 zones humides telles que les mares, les étangs et les mangroves, 48 îlets sur lesquels de nombreuses espèces d’oiseaux marins nichent et 161 rivières. De plus, plus de 50% du territoire est recouvert par de la forêt. Compte-tenu de sa superficie, la Martinique abrite des milieux naturels diversifiés et présente un taux d’endémisme de 13% donc de nombreuses espèces vivant uniquement sur le territoire.

Martinique – vue sur la Montagne Pelée © Florent BIGNON