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Weekend de Pâques : et si nous en apprenions plus sur œufs ?

Qu’ils soient bleus comme ceux du Moqueur gorge blanche, par deux comme le Tuit-tuit ou par millions comme le Mérou géant, les œufs n’ont pas fini de nous étonner.

La couleur des œufs

Nid et œufs de Moqueur gorge blanche © Laurent JUHEL/PNM

Bleus, blancs ou bruns, la couleur des œufs chez les oiseaux varie dans le milieu naturel. Contrairement à ce que pensait la communauté scientifique pendant des années, la couleur des œufs n’est pas due à l’espèce mais en partie à la température du milieu et l’exposition au soleil dans lequel l’animal évolue. Des scientifiques américains ont démontré que dans les régions froides, les œufs ont souvent une teinte brun foncé tandis que dans les régions chaudes, ces derniers sont plus clairs, et quelque fois bleus. En effet, des œufs plus foncés absorberont davantage de radiations solaires permettant ainsi à l’oisillon de se développer correctement.

La couleur bleu-vert provient quant à elle d’un pigment biliaire appelé biliverdine, il permet d’assurer un effet parasol en masquant les radiations ultraviolettes grâce à sa teinte foncée sans pour autant induire une absorption trop importante de radiations infrarouges causée par une couleur trop foncée qui surchaufferait l’oisillon.

D’autres facteurs pourraient également influencer la couleur comme la nécessité pour certaines espèces de dissimuler les œufs des prédateurs.

Les records

Mâle d’Autruche et ses œufs

Des contrastes de taille

Chez les vertébrés, l’animal qui produit le plus grand nombre d’œufs est le poisson-lune avec plus de 300 millions d’œufs effectués à chaque période de reproduction. Chez les oiseaux, beaucoup d’espèces ne pondent qu’un seul œuf comme le Condor tandis que certaines peuvent pondre jusqu’à 17 œufs comme la Perdrix grise.

Mais quel animal pond les plus gros œufs ? Sans surprise, l’autruche est l’oiseau qui pond les plus gros œufs. D’une taille de 18 cm de long sur 14 cm de large, il peut peser jusqu’à 1,8 kg. Cet œuf est 5000 fois plus gros que celui du Colibri-abeille dont la taille de l’œuf est de 1 cm pour 0,35 g, ce qui peut s’apparenter à un petit pois.

L’étonnante période de l’incubation

Toutes les espèces n’incubent par leurs œufs de la même manière et certaines espèces démontrent même des caractéristiques étonnantes.

Chez le Crapaud du Surinam, appelé Pipa-pipa, la femelle va incuber les œufs sous sa peau au niveau de son dos pendant plusieurs mois. Entre 60 et 100 poches accueillant des œufs puis des têtards garnissent ainsi son corps. Une fois matures, les petits vont percer la poche et émerger du dos de leur mère sous forme de jeunes crapauds.

Chez certaines espèces de poissons, les œufs sont incubés dans la bouche. Les espèces les plus connues de poissons réalisant cette incubation buccale appartiennent à la famille des Cichlidés, des poissons d’eau douce vivant dans les lacs Africains.

Certaines espèces incubent leurs œufs pendant des années. C’est le cas, de la pieuvre Graneledone boreopacifica, qui détient le record du règne animal avec une incubation supérieure à 4 ans observée en Californie. Chez les oiseaux, la période d’incubation la plus longue sans interruption est celle du Manchot empereur pouvant atteindre 67 jours.

Plus étonnant encore

Et si les œufs pouvaient communiquer ?

Une étude espagnole a démontré que les oiseaux peuvent communiquer à travers leurs coquilles et informer les autres œufs d’un potentiel danger grâce à des vibrations directement produites dans les coquilles. Une étude française a également démontré que les œufs de couleuvres vipérines utilisaient leurs battements cardiaques afin de communiquer entre eux mais aussi d’accélérer la croissance de certains œufs.

Certaines espèces d’oiseaux comme le Mérion superbe, un passereau d’Australie, apprennent à chanter dans l’œuf. Une étude a démontré que la mère émettait une mélodie spécifique pendant la couvée, et que plus le chant de l’oisillon ressemblait à la mélodie, mieux elle s’occupait de lui. Et moins la reproduction était juste, plus elle tendait à abandonner le nid.

Des stratégies différentes

Deux stratégies de reproduction sont visibles dans le milieu naturel et sont liées aux caractéristiques environnementales : la stratégie K et la stratégie R.

La stratégie K est une stratégie de développement des populations d’êtres vivants adoptée lorsque les conditions de vie sont prévisibles et les risques faibles : les animaux investissent dans la survie des jeunes, la fécondité est donc restreinte et les populations présentent peu d’œufs, peu de jeunes mais les adultes effectuent des soins parentaux. C’est le cas du Moqueur gorge blanche, du Tuit-tuit et du Crabier blanc.

La stratégie R est une stratégie de développement des populations d’êtres vivants adoptée lorsque l’habitat est variable ou perturbé et les risques élevés : les espèces présentent alors un fort taux de croissance, une forte fécondité et de faibles chances de survie jusqu’à la maturité sexuelle. Les populations présentent ainsi beaucoup de petits et les adultes effectuent peu ou pas de soins parentaux. C’est le cas du Mérou géant et du Mérou de Nassau.